tchhop, 2015

linoléum découpé et peint à l’applomb du rouge de la voûte, qui présente, dans huit médaillons peints par la famille Le Corre, l’histoire d’une jeune fille décapitée au VIe siècle par son mari, le tyran Conomor. Les statues de la céphalophore Sainte Tréphine et de Saint Louis encadrent le retable dans le chœur.

5,70 x 8,58 m

Chapelle Sainte-Tréphine, Pontivy

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proposition réalisée dans le cadre de la 24ème édition de L’art dans les chapelles

commissariat : Karim Ghaddab

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Entretien inversé, le 7 mai 2015, chapelle Sainte-Tréphine, Pontivy.

Marie-Étoile d’Hendecourt est chargée de la médiation pour L’art dans les chapelles. Depuis 2011, elle réalise la majeure partie des entretiens avec les artistes invités. À l’occasion de la publication du catalogue de L’art dans les chapelles, elle a accepté à son tour de répondre à mes questions. Voici un extrait de cet échange :

 

Marion Robin : Je viens d’installer une proposition in situ en lien avec la chapelle Sainte-Tréphine et le plafond peint par Jean-Baptiste Le Corre et sa femme, peux-tu me dire ce que tu vois ?

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Marie-Étoile d’Hendecourt : Ce que je vois en entrant dans la chapelle, c’est la couleur. Cette couleur rouge-terre de sienne qui s’écoule au sol de manière assez structurée en libérant des espaces dans lesquels on a envie de s’engouffrer. C’est comme un jardin. On avance en regardant et on fait le lien. On relie les formes entre elles, puis on étudie le sol et peut-être enfin on comprend le dessin qui se crée sur le sol de la chapelle, à l’aplomb de celui du plafond.

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Marion Robin : La couleur est effectivement très importante dans ce projet, elle est à l’origine de tous les choix. As-tu le sentiment que malgré la relation au plafond, la couleur et les formes obtenues puissent gagner leur autonomie ?

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Marie-Étoile d’Hendecourt : Oui et non… Toutes les formes sont peintes de la même couleur, ça crée une entité. On pourrait imaginer que la couleur a sa propre vie. Elle se glisse d’elle-même et d’emblée, mais on ne peut pas faire abstraction de ce qui nous entoure. Le plafond est assez bas, on l’englobe naturellement dans le champ de vision, la couleur reste connectée au lieu dans lequel elle s’inscrit. Le sol est extrêmement présent dans cette chapelle. Tu as fait le choix d’un linoléum fin et souple, qui fixé au schiste, donne l’impression d’épouser les interstices du dallage, mais aussi les dessins propres à la pierre, qui sont arrivés avec le temps. Il y a la surprise de voir des formes s’ajouter à d’autres formes qui existent déjà. On imagine que la couleur vient du plafond qui l’aurait teinté et qu’elle coule dans ces formes étonnantes et belles. Comme de l’eau, elle vient s’y lover.

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