Faux semblants / Frédéric Emprou

 

La pratique de Marion Robin se situe à la lisière entre la peinture et l’installation. Jeu inframince sur des architectures ou l’espace d’un lieu, combinatoire et agencement d’éléments dans le contexte d’une exposition, le travail de l’artiste se décline selon des perspectives frondeuses.

 

A la manière d’ingénieux trompe l’œil, les pièces de Marion Robin mettent en place des situations où le regardeur se trouve au prise avec des stratagèmes déjouant ses attentes : un sabordage insidieux et malicieux de repères ou de focalisations.

 

Empruntant ce terme à la photographie, celles-ci sont souvent l’endroit d’une mise au point qui s’opère par glissements, au sens propre comme au figuré. Cette mise au point repose sur l’adéquation ou l’imbrication de trames optiques et de constructions en trois dimensions. Un processus qui tient à la fois de l’expérience et de l’empirisme, qui relève de phénomènes d’apparitions et de renversements. Entre passage à l’aplat et changement d’échelles, Marion Robin confectionne des artefacts générant artifices et décalages.

 

Mises en abyme facétieuses, découpes coïncidentes, l’artiste se plait à développer des endroits intermédiaires révélant à la fois un décor existant et une intervention préméditée sur celui-ci. Perturbations ou extrapolations dans un in situ, pliages à l’intérieur d’une image, ils distillent la perception de motifs répercutés ou d’effets différés.

 

Juxtapositions et superpositions, alignements géométriques créés par le mouvement, on peut parler de peinture dans ce qui contribue à une fabrication de zones impromptues, de bandes colorées et de trouées dans l’espace.

 

Ombres portées, transparences circonspectes, irisations provoquées, les moyens employés par l’artiste varient en fonction de paramètres plus ou moins aléatoires. Ils dépendent souvent de la lumière, du moment de la journée ou d’autres détails qui tiennent autant de la mise en scène que du leurre savoureux.